Le vieux gréement

Dans le port fatigué qu’embrase le couchant,
Je suis ce vieux gréement échoué sur la grève,
La mer et sa houle sans fin, fluant et refluant sans trêve,
Reviennent toujours mourir contre mon flanc penchant.

Sur mon pont autrefois, entonnant en cœur un doux chant,
Des matelots et leur capitaine ont nourri plus d’un rêve,
Mon superbe mât à la gloire si brève
N’est plus qu’une branche chargée de goélands nichant.

C’est là qu’en me reposant, de la fureur des tempêtes
Gardant le souvenir, et chaque nuit hantée
Par les cruels combats et la fureur des bêtes,

Je contemple longuement d’un œil horrifié,
Les navires hautains et méprisants, épris de beaux voyages
Sur l’abîme glisser vers de terribles naufrages.

A.

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