“…le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants…”. Oui le temps est criminel. Il passe si vite et il emporte ton rire. Un jour tu t’envoleras petit oiseau des îles. Tu laisseras ton vieux corbeau de père seul dans son nid. Il y a peu, petit oisillon tu piaillais encore. Je me souviens t’avoir donné la becquée si souvent. Je me souviens des premiers pleurs et des premiers éclats de rires. Puis vint l’heure des premiers pas et papa, des premier dessins, des premières lettres, des premiers mots, des premières additions. Tes premiers lacets fait, t’es premiers lacets défaits, petit oiseau. Je me souviens de tous tes anniversaires.. 1, 2, 3 nous irons au bois, 4, 5, 6 cueillir des cerises… 14… je me souviens de tes yeux curieux et émerveillé de bébé puis de petite fille, aujourd’hui ce sont des yeux de jeune fille qui me regarde, et demain ce sera une jeune femme qui regardera son papounet au plumage blanchissant. La nature est incroyable, je suis un vieux corbeau et toi un petit oiseau tout beau.. Demain tu déploieras tes ailes, d’abord maladroitement puis avec assurance, viendras le temps des premiers amours, des premiers garçons, du lycée… Puis tu t’envoleras pour construire et vivre dans ton petit nid à toi. Oui ce putain temps passe vraiment trop vite ma petite môme ! Je me sens jeune pourtant, mais quand je te regarde je suis vieux, mon petit ange gardien.
Petit oiseau